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xiāngmáo

xiāngmáo · 香茅

Le lémongrass est l'additif « sec » le plus reconnaissable dans les infusions du sud de la Chine, mais du point de vue de la classification chinoise du thé, il n'est ni un 花茶 ni même un thé : il n'a p

Le lémongrass est l’additif « sec » le plus reconnaissable dans les infusions du sud de la Chine, mais du point de vue de la classification chinoise du thé, il n’est ni un 花茶 ni même un thé : il n’a pas de base de feuille de thé, donc il lui manque l’opération technologique principale d’aromatisation — 窨 (yìn). Cet article explique où exactement 香茅 se situe dans le système, comment il se comporte en tasse et comment ne pas le confondre avec ses voisins de rayon.

Nom et plante concernée

香茅 (xiāngmáo, littéralement « graminée aromatique, herbe aromatique ») est le nom commercial et culinaire des feuilles et de la partie inférieure de la tige des graminées du genre Cymbopogon, principalement Cymbopogon citratus, connu dans la tradition européenne sous le nom de lémongrass. On rencontre aussi le synonyme 柠檬草 (níngméng cǎo, « herbe citron »), et dans le contexte culinaire — 香茅草 (xiāngmáo cǎo). C’est une graminée vivace qui forme une touffe dense de feuilles étroites et rigides à bord tranchant ; le séchage concerne soit la feuille (coupe), soit la tige-« pied » taillée.

Point essentiel pour l’encyclopédie : le Cymbopogon n’a aucun rapport avec Camellia sinensis. D’où toutes les conséquences qui en découlent — de la classification à la méthode d’infusion.

Pourquoi ce n’est pas un 花茶 : la logique du 再加工茶

花茶 dans le système chinois fait partie de la septième classe, celle des thés « retransformés » 再加工茶 (zài jiāgōng chá), située en dehors des six classes de base (vert, blanc, jaune, wulong, rouge, noir). La construction du 花茶 est toujours bipartite :

  1. 茶坯 (chápī) — la base de thé, le plus souvent 烘青绿茶 (hōngqīng lǜchá), un thé vert séché au four, plus rarement une base rouge, wulong ou blanche ;
  2. la fleur et l’opération 窨 — la disposition de la fleur fraîche en couches alternées avec la base de thé (sous les formes premium, de manière répétée), afin que la feuille absorbe les substances volatiles, après quoi la masse florale est retirée.

Dans la liste canonique des types de 花茶 on trouve — 茉莉花茶 (jasmin, dominante absolue), 桂花茶 (osmanthus), 玫瑰花茶 (rose), 白兰花茶 (magnolia), 珠兰花茶 (chloranthus), 玳玳花茶 (orange amère), 柚子花茶 (fleur de pomelo), plus les formes premium de jasmin (龙珠, 银针, 大白毫) et les 工艺花茶 décoratifs — le lémongrass n’y figure pas et ne peut pas y figurer. La raison n’est pas sa rareté, mais deux différences structurelles :

  • dans le produit à base de 香茅, il n’y a pas de base de thé : c’est une matière sèche autonome, et non une feuille de thé aromatisée ;
  • son arôme est apporté non par 窨, mais par mélange direct de la coupe sèche, c’est-à-dire par assemblage mécanique.

L’analogie la plus proche dans la liste — les positions frontalières 菊花茶 et 菊普 : la chrysanthème n’est pas en soi une feuille de thé, c’est pourquoi elle est signalée par un avertissement, et 菊普 est défini comme un assemblage avec du 普洱熟 (shu pu’er). 香茅 se trouve à la même frontière, mais un pas plus loin du thé : la chrysanthème est au moins une fleur, traditionnellement inscrite dans le vocabulaire du 花茶, tandis que le lémongrass est une matière herbacée qui relève de la large rubrique commerciale des « substituts de thé » (代用茶, dàiyòng chá). Il n’existe pas de « norme 香茅花茶 » distincte, et les tentatives de vendre la coupe de lémongrass comme 花茶 constituent une erreur terminologique du vendeur.

Terroir et matière première

香茅 est une plante des tropiques et des régions subtropicales humides. En Chine, on le cultive et on le récolte dans le sud : au Yunnan, à Hainan, au Guangdong et au Guangxi. C’est une culture de type plantation ou potager, et non un jardin de thé de montagne : la coupe a lieu plusieurs fois par saison, la qualité dépend de l’âge de la feuille, de la vitesse de séchage et de la présence éventuelle dans la coupe de la partie basse grossière du plant.

Marqueurs pratiques de la matière première :

  • couleur — vert grisâtre clair à paille ; une teinte brune, « foin » indique une surchauffe ou un stockage prolongé ;
  • coupe — régulière, sans poussière et sans fragments basaux durs et blanchâtres ;
  • arôme à sec — citronné-agrumé pur avec un fond végétal vert ; une matière qui ne sent que « l’herbe sèche » a perdu son caractère.

Le profil volatil du lémongrass est construit sur le citral (mélange de géranial et de néral) accompagné de géraniol et de citronnellal ; c’est précisément le citral qui donne cette ressemblance reconnaissable avec le zeste de citron sans acidité. Ce composé est volatil et photosensible, c’est pourquoi 香茅 perd son caractère plus vite que la feuille de thé : un emballage hermétique, l’obscurité et de petits conditionnements sont indispensables.

Goût, infusion, préparation

L’infusion de 香茅 pur est jaune pâle, presque ton citron, translucide. L’arôme présente du zeste de citron, une fraîcheur de tige, parfois une légère note « gingembre-savonneuse » dans une matière surséchée. Le goût est fin, légèrement sucré en attaque, avec une finale herbacée sèche ; ni amertume des catéchines du thé, ni astringence, ni retour sucré en gorge (回甘, huígān) par définition — il n’y a pas de feuille de thé.

Repères d’infusion (comme pour une matière herbacée, non comme pour un thé) :

formatmatièreeaudurée
infusion mono, tasse2–3 g pour 250 ml95–100 °C3–5 min, 1–2 infusions
gaiwan, infusions courtes3 g pour 120 ml100 °C30–60 s, jusqu’à 3 fois
comme additif au thé0,2–0,5 g pour 5 g de théselon le régime du thé de baseselon le régime du thé de base

Règle d’assemblage la plus importante : 香茅 est agressif en arôme, et une proportion perceptible efface le thé de base. C’est pourquoi, dans la pratique commerciale, on l’associe plus souvent à des bases denses et « sombres » qui tiennent le choc — avant tout au 普洱熟, selon la même logique qui préside à l’assemblage du 菊普 ; plus rarement au thé rouge. Le lémongrass n’est pas associé aux profils fins de 花茶, surtout au jasmin : deux sommets citronnés-floraux entrent en conflit, et la « vivacité fraîche » caractéristique du jasmin (鲜灵) se perd.

Contexte culturel

Le rôle culinaire de 香茅 en Chine est plus ancien et plus important que tout rôle « théier ». Dans la cuisine dai (傣族) du sud du Yunnan, le lémongrass est une herbe aromatique de base : 香茅草烤鱼, le poisson enveloppé dans des tiges et cuit sur braises, est l’un des plats locaux les plus connus. La tige sert de pince aromatique, de structure et d’épice à la fois, la feuille pour les décoctions et les marinades. De là vient aussi l’habitude « domestique » d’infuser la coupe séchée comme boisson chaude quotidienne sous climat chaud — une pratique de la vie courante, hors du canon du thé.

Dans le commerce du thé, 香茅 apparaît par deux voies : comme ingrédient des mélanges d’herbes de distribution locale et comme élément des assemblages d’exportation. Dans les deux cas, c’est une catégorie commerciale, et non une catégorie normative : elle n’a pas d’école historique de 窨, pas de gradations classiques de crus et pas de place propre dans la liste des types de 花茶.

Comment le distinguer et avec quoi on le confond

香茅 (lémongrass, Cymbopogon) — coupe de feuilles étroites et rigides à nervures longitudinales, parfois des morceaux de tige dense et pâle ; arôme de citral, « citron plus tige ».

Confusions fréquentes :

  • 柠檬马鞭草 / verveine citronnelle (Aloysia) — feuille large, lancéolée, rugueuse, arôme plus doux et « citron-bonbon » ; c’est une autre plante et une autre matière ;
  • 柠檬香蜂草 / mélisse — feuille arrondie à bord dentelé, ton mentholé-citronné ;
  • zeste séché (y compris 陈皮) — un agrume complètement différent, huileux-amer, et visuellement c’est une peau de fruit, non une herbe ;
  • « thé vert au lémongrass » — si dans le paquet on voit une base de thé plus une coupe herbacée, on a affaire à un mélange mécanique, et non à un 花茶 : dans le 花茶, l’aromatisation est réalisée par 窨, et en règle générale aucune matière végétale étrangère ne subsiste dans le produit fini.

Le test de contrôle est simple. Versez de l’eau bouillante sur la matière et évaluez le corps de l’infusion : 香茅 donne une eau aromatique mais « vide » en structure, sans astringence de thé. Si la tasse présente une densité de thé et une charpente astringente — c’est le 茶坯 qui travaille, et le produit doit être décrit à travers sa base (verte, rouge, shu pu’er), et le lémongrass doit être appelé ce qu’il est réellement : un additif aromatique sec.

Conclusion pour le catalogue

Dans la rubrique « fleurs et matières sèches », 香茅 occupe la place honnête d’ingrédient herbacé : il n’appartient pas aux six classes de base, ne relève pas du 花茶 au sein du 再加工茶 et fonctionne comme accent d’assemblage ou comme infusion autonome. Sa force — un sommet citral immédiatement reconnaissable ; sa faiblesse — la perte rapide de l’arôme et la tendance à écraser toute base de thé fine. Ces deux particularités méritent d’être gardées en tête, tant à l’achat que lors de la composition des mélanges.

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