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zhúyè

zhúyè · 竹叶

Les feuilles de bambou (竹叶, zhúyè) sont des feuilles séchées de graminées arborescentes persistantes du genre Phyllostachys et des genres voisins, que l'on infuse depuis longtemps en Chine avec de l

Les feuilles de bambou (竹叶, zhúyè) sont des feuilles séchées de graminées arborescentes persistantes du genre Phyllostachys et des genres voisins, que l’on infuse depuis longtemps en Chine avec de l’eau chaude et que l’on boit comme une boisson légère et rafraîchissante. Il ne s’agit pas de thé au sens botanique du terme : la matière première ne contient absolument pas de camélia de Chine (Camellia sinensis), et la boisson elle-même appartient à la catégorie des « thés de substitution » (代用茶, dàiyòng chá) — des infusions végétales que l’on boit à la manière du thé, mais qui n’en sont pas. Le bambou pousse dans tout le sud subtropical de la Chine, et sa feuille est restée pendant des siècles une boisson accessible, bon marché et « rafraîchissante » durant la saison chaude. L’infusion est appréciée pour sa couleur claire, son arôme frais herbacé-céréalier et sa douce note sucrée, sans l’astringence tannique du vrai thé. Dans l’industrie alimentaire moderne, on extrait en outre des feuilles de bambou des extraits de flavonoïdes, qui sont utilisés séparément de la tradition domestique du « thé ».

1. Classification et Origine :

  • Type : infusion végétale, substitut de thé (代用茶, dàiyòng chá) ; botaniquement, pas un thé.
  • Famille : graminées (Poaceae / Gramineae), sous-famille des bambous (Bambusoideae).
  • Matière première principale : feuilles de bambous du genre Phyllostachys — avant tout 淡竹 (dànzhú) et 毛竹 (máozhú, Phyllostachys edulis).
  • Catégorie : infusions végétales et fleurs séchées (代用茶, dàiyòng chá) — hors catégorie botanique du thé issu de Camellia sinensis.
  • Origine : zone subtropicale de la Chine — Zhejiang, Fujian, Jiangxi, Hunan, Anhui, Sichuan.

La matière première ne contient pas de feuille de Camellia sinensis, et par conséquent, pas non plus le complexe de théine, de catéchines et de transformation enzymatique caractéristique qui fait du thé ce qu’il est. Du point de vue de la réglementation alimentaire chinoise, un tel produit est classé comme 代用茶 (dàiyòng chá) — une boisson végétale, et non un produit du thé. Il faut distinguer séparément trois produits aux noms trompeusement similaires :

  • 竹叶 (zhúyè) — la feuille de bambou proprement dite, dont traite cet article.
  • 淡竹叶 (dàn zhú yè) — la plante herbacée Lophatherum gracile, une plante herbacée basse sans rapport avec le bambou, bien que son nom signifie littéralement « feuille de 淡竹 ». C’est une matière première distincte, inscrite à la Pharmacopée de la RPC (中国药典, Zhōngguó Yàodiǎn) sous le nom de 淡竹叶. On ne doit pas la confondre avec la feuille de bambou, bien que la substitution existe dans le commerce de détail.
  • 竹叶青 (zhúyèqīng) — c’est un THÉ vert issu du camélia, produit dans la région du mont Emei (峨眉山) au Sichuan ; il est fabriqué à partir de Camellia sinensis et n’a aucun rapport avec l’infusion de bambou. Un article séparé lui est consacré.

Il convient également de garder à l’esprit une ambiguïté taxonomique : sous le nom de 淡竹 (dànzhú), différentes sources comprennent Phyllostachys glauca ou Phyllostachys nigra var. henonis — il n’y a pas d’attribution unique, de sorte que l’espèce concrète de la matière première dépend de la région de récolte.

2. Histoire et Signification Culturelle :

Le bambou est l’une des images centrales de la culture chinoise : il fait partie des « trois amis du froid hivernal » (pin, bambou, prunier) et des « quatre gentilshommes » avec l’orchidée, le prunier et le chrysanthème, symbolisant la résistance et la rectitude. La feuille de bambou est mentionnée dans les ouvrages classiques de matière médicale, notamment dans le « Bencao gangmu » (本草纲目, Běncǎo Gāngmù) de Li Shizhen, où les propriétés « rafraîchissantes » de la feuille sont décrites. Dans la pratique populaire du sud de la Chine, l’infusion de feuille de bambou était une boisson estivale — on s’en désaltérait aux champs et à la maison, car la matière première poussait littéralement à la porte.

  • Rôle dans la vie quotidienne : boisson saisonnière « rafraîchissante » des mois chauds, bon marché et omniprésente.
  • Usage connexe : les larges feuilles de bambous (par exemple, 箬叶, ruòyè, feuilles d’Indocalamus) servent traditionnellement à envelopper les zongzi (粽子) — des pyramides de riz ; il s’agit d’une ligne culinaire distincte, non liée à l’infusion.

3. Description Botanique et Matière Première :

  • Plante : graminée vivace ligneuse à tige-chaume creuse et noueuse (culmus).
  • Feuille : lancéolée, à apex acuminé, à nervation parallèle et caractéristique fin réseau transversal entre les nervures.
  • Partie récoltée : jeunes feuilles tendres (嫩叶, nènyè), prélevées sur les branches.
  • Distinction d’avec Lophatherum : chez 淡竹叶, les feuilles sont plus fines et plus molles, la plante est basse, herbacée, avec des racines épaissies, tandis que le vrai bambou est arborescent.

Pour l’infusion, on préfère la jeune feuille vert clair sans pétioles grossiers ; la vieille feuille sombre donne plus de rudesse et moins d’arôme.

4. Terroir et Particularités de Culture :

  • Climat : subtropical humide, avec des étés chauds et des précipitations abondantes.
  • Sols : acides, meubles, sols de montagne bien drainés.
  • Régions : vastes massifs de maozhu (毛竹) au Zhejiang (y compris le district d’Anji, 安吉), au Fujian, au Jiangxi, au Hunan, à l’Anhui.
  • Récolte : principalement printemps-été, lorsque la feuille est jeune ; la matière première provient aussi bien de peuplements sauvages que de bambouseraies de plantation.

Le bambou pousse rapidement et se régénère après la coupe des feuilles, de sorte que la récolte des feuilles n’entre généralement pas en concurrence avec l’usage principal des bambouseraies (pousses, bois).

5. Technologie de Production :

La technologie est plus simple et plus variable que celle du vrai thé, et va du séchage artisanal à une transformation « à la manière du thé ».

  • Récolte et triage : sélection de jeunes feuilles, élimination des pétioles grossiers et des débris.
  • Flétrissage (摊晾, tānliàng): étalage en couche mince pour perdre une partie de l’humidité.
  • Fixation (杀青, shāqīng): dans les variantes « à la manière du thé », la feuille est chauffée pour stopper l’oxydation et stabiliser la couleur verte ; dans le séchage simple, cette étape est omise.
  • Roulage (揉捻, róuniǎn): parfois appliqué pour donner une forme à la feuille et faciliter l’extraction.
  • Séchage (烘干 / 晒干): à l’air chaud ou au soleil jusqu’à une humidité stable.

Une ligne industrielle distincte est l’extraction des flavonoïdes de la feuille de bambou : broyage, extraction hydroalcoolique, concentration et séchage par atomisation. Le produit de cette ligne n’est pas une boisson, mais un extrait en poudre.

6. Caractéristiques Organoleptiques :

  • Feuille sèche : de verte à vert jaunâtre, lancéolée, à nervure marquée ; arôme d’herbe sèche et de foin frais.
  • Couleur de l’infusion : de jaune-vert clair à doré pâle, transparente.
  • Arôme : frais, herbacé-céréalier, avec une légère note de verdure de bambou et une nuance de foin.
  • Saveur : légère, douce, légèrement sucrée, avec une sensation de fraîcheur et une faible astringence ; corps de l’infusion mince.
  • Arrière-goût : court, avec une suggestion de douceur de retour (回甘, huígān).

7. Composition Chimique :

  • Flavonoïdes (竹叶黄酮, zhúyè huángtóng): C-glycosyl-flavones — orientine, isoorientine, vitexine, isovitexine ; ce sont eux qui sont étudiés comme principaux composants antioxydants.
  • Acides phénoliques : acide chlorogénique, acide p-coumarique, acide férulique, etc.
  • Polysaccharides et chlorophylle.
  • Silicium : le bambou accumule activement la silice (dioxyde de silicium) dans les tissus.
  • Acides aminés et minéraux : potassium, manganèse et autres à l’état de traces.
  • Lactones aromatiques et composés de type coumarine : contribuent à l’arôme.
  • Caféine : absente, contrairement au vrai thé, ce qui est important pour ceux qui évitent la caféine.

8. Propriétés Bénéfiques :

Ce qui suit est ce que la tradition domestique chinoise a coutume de penser de ce produit, et ce qui est étudié par la science. Il ne s’agit pas d’un remède thérapeutique, mais d’une boisson alimentaire ; toute allégation de santé du commerce de détail dépasse le cadre de l’encyclopédie.

  • Dans les conceptions traditionnelles : la feuille de bambou est classée parmi les produits « rafraîchissants », on lui attribue la capacité de « clarifier la chaleur et dissiper l’agitation » (清热除烦, qīngrè chúfán), de « générer les liquides et favoriser la diurèse » (生津利尿, shēngjīn lìniào). Ce sont des catégories de la médecine populaire et traditionnelle, et non des effets cliniques prouvés.
  • Ce qu’étudie la science : les flavonoïdes de la feuille de bambou sont étudiés comme antioxydants in vitro et dans des systèmes modèles ; l’extrait de feuille de bambou est utilisé en Chine comme antioxydant alimentaire autorisé. Cela relève de la chimie alimentaire, et non du traitement.
  • Profil caféinique : l’absence de caféine rend la boisson commode pour la consommation vespérale.

Précautions générales neutres : modération raisonnable ; il convient aux personnes de constitution « froide », aux femmes enceintes et allaitantes, ainsi qu’en cas de prise de médicaments, de faire preuve de prudence et de consulter un spécialiste. L’encyclopédie ne donne ni posologies ni recommandations.

9. Préparation :

  • Proportion : à titre indicatif 3 à 5 g de feuilles pour 300 à 400 ml d’eau.
  • Température : 90 à 100 °C ; la feuille supporte l’eau bouillante, pour une infusion douce 90 à 95 °C suffisent.
  • Ustensile : théière en verre ou en porcelaine, gaiwan ou simplement une tasse — la feuille n’est pas capricieuse.
  • Temps et infusions successives : première infusion 3 à 5 minutes en infusion simple ; en mode d’infusions multiples — plus court, supporte 2 à 3 infusions, ensuite la saveur s’épuise rapidement.
  • Service froid : en été, une infusion froide est appropriée — verser de l’eau fraîche sur les feuilles et laisser reposer plusieurs heures au réfrigérateur, ou infuser à chaud et refroidir avec de la glace.
  • Associations : se marie de façon neutre avec du sucre candi (冰糖, bīngtáng) ou des fleurs de chrysanthème (菊花, júhuā) — c’est une question de goût, pas une recette obligatoire.

10. Conservation :

  • Conditions : endroit sec, frais et sombre, sans odeurs étrangères.
  • Récipient : boîte hermétiquement fermée ou sachet protégé de l’humidité.
  • Durée : l’arôme est le plus prononcé la première année à un an et demi, puis il s’estompe progressivement.
  • Risques : une humidité élevée conduit au tassement et aux moisissures ; la feuille absorbe facilement les odeurs.

11. Prix et Contrefaçons :

  • Repère de prix de gros : de l’ordre de 70 ¥/kg pour la feuille de bambou séchée ordinaire ; c’est un ordre de grandeur, pas un prix de détail, qui dépend du grade, de la transformation et de l’emballage.
  • Aspect de la matière première authentique : feuilles lancéolées entières ou coupées, de couleur verte à vert jaunâtre, à apex acuminé, nervation parallèle et fin réseau transversal ; odeur fraîche herbacée.

Principales variantes de substitution et confusions : vente de la plante Lophatherum gracile (淡竹叶) sous le nom de 竹叶 et inversement ; mélange de pétioles grossiers, de tiges et de fragments ; feuilles d’autres graminées et herbes sous forme coupée ; vieille feuille brunie sans arôme. Il faut se souvenir séparément de la confusion nominale avec le thé vert 竹叶青 (zhúyèqīng): sous ce nom, on vend du thé de camélia, et non une infusion de bambou. À l’examen, il convient de prêter attention à la forme et à la nervation de la feuille, à l’uniformité de la couleur, à l’absence de moisi et d’impuretés étrangères.

12. Faits Intéressants :

  • Homonyme en liqueur : 竹叶青酒 (zhúyèqīng jiǔ) est une célèbre liqueur aux herbes de la province du Shanxi (山西) ; le nom fait écho, mais c’est un produit alcoolisé, pas une infusion de feuilles.
  • Homonyme en thé : la même syllabe 青 dans le nom 竹叶青 du mont Emei se réfère à un thé vert de camélia — source classique de confusion.
  • Enveloppe, pas infusion : les larges feuilles de bambous apparentés servent à envelopper les zongzi et d’autres plats de riz, leur conférant un arôme végétal.
  • Antioxydant alimentaire : l’extrait de flavonoïdes de feuille de bambou est entré dans la pratique alimentaire chinoise comme antioxydant autorisé, ce qui est atypique pour les herbes à « thé ».
  • Silicium du bambou : l’accumulation élevée de silice dans les tissus du bambou est l’une des raisons de sa solidité et de la minéralité « verte » particulière de la matière première.

En conclusion :

Les feuilles de bambou sont un honnête représentant du genre 代用茶 (dàiyòng chá): une boisson que l’on boit à la manière du thé, mais qui n’en est pas un et ne contient pas de camélia. Elles ont leur propre logique — une matière première accessible du sud subtropical, une transformation simple, une infusion claire à l’arôme herbacé-céréalier et sans caféine. Les percevoir comme un « succédané de thé » est injuste : c’est une tradition domestique autonome avec son terroir, sa technologie et sa méthode d’infusion.

L’essentiel pour l’acheteur est de ne pas confondre trois produits aux sonorités proches : la feuille de bambou proprement dite (竹叶), la plante Lophatherum gracile (淡竹叶) et le thé vert 竹叶青 du mont Emei. Seuls les caractères dans les noms les unissent, non la botanique ni l’usage. L’infusion de feuille de bambou mérite d’être appréciée précisément pour ce qu’elle est — une boisson légère, fraîche, bon marché, et non pour les propriétés médicinales qu’on lui attribue, lesquelles restent en dehors du cadre d’un produit alimentaire.

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