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gǒuqǐ

gǒuqǐ · 枸杞

Les baies de goji (枸杞, gǒuqǐ) sont les fruits séchés d'arbustes du genre Lycium de la famille des solanacées, que l'on fait infuser depuis longtemps en Chine dans de l'eau chaude et que l'on boit « à

Les baies de goji (枸杞, gǒuqǐ) sont les fruits séchés d’arbustes du genre Lycium de la famille des solanacées, que l’on fait infuser depuis longtemps en Chine dans de l’eau chaude et que l’on boit « à la manière du thé ». Dans le langage courant, cette boisson est souvent appelée thé, mais botaniquement elle n’en est pas un : elle ne contient pas de feuilles de théier Camellia sinensis, et dans la classification chinoise des boissons, elle appartient aux succédanés de thé (代用茶, dàiyòng chá), des infusions végétales préparées sur le modèle du thé. Sur le marché, on distingue deux principaux types de matière première : la grosse baie rouge (大枸杞 / 红枸杞) et la baie noire (黑枸杞). La rouge est cultivée principalement au Ningxia, avec une aire d’appellation de référence dans le district de Zhongning, la noire dans les hautes terres du Qinghai et du Xinjiang. Dans la vie quotidienne, on infuse le goji seul ou en mélange, on l’ajoute au « thé aux huit trésors », on le met dans un thermos pour toute la journée de travail, on l’incorpore aux soupes, aux bouillies et aux compotes. Les deux variétés ci-dessous sont décrites comme un genre d’infusion à part entière, avec sa tradition, son terroir et son mode de préparation.

1. Classification et Origine :

  • Type : succédané de thé, infusion végétale (代用茶, dàiyòng chá) ; non pas un thé au sens botanique.
  • Baie rouge : lyciet commun (Lycium barbarum) ; dans la tradition chinoise, 宁夏枸杞 (Níngxià gǒuqǐ).
  • Baie noire : lyciet de Russie (Lycium ruthenicum) ; dans la tradition chinoise, 黑果枸杞 (hēiguǒ gǒuqǐ).
  • Famille et genre : solanacées (茄科, qiékē), genre Lycium (枸杞属, gǒuqǐ shǔ).
  • Origine de la rouge : région autonome hui du Ningxia, aire d’appellation de référence, district de Zhongning (中宁, Zhōngníng) ; le « lyciet de Zhongning » bénéficie du statut d’indication géographique (地理标志, dìlǐ biāozhì).
  • Origine de la noire : province du Qinghai (青海, Qīnghǎi), principalement le bassin du Qaidam (柴达木, Cháidámù) et la région de Nomhon (诺木洪, Nuòmùhóng) ; ainsi que le Xinjiang (新疆, Xīnjiāng).

Il importe de bien distinguer les notions d’emblée. Dans l’infusion de goji, il n’y a pas de feuille de Camellia sinensis, et par conséquent pas de composants « théiers », caféine d’origine thé, théanine, catéchines. Le produit est infusé selon des techniques empruntées au thé, c’est pourquoi il est pratique de le ranger dans le genre 代用茶, « succédané de thé », ou boisson végétale. Il convient de noter également la hiérarchie interne des matières premières : dans la « Pharmacopée de la République populaire de Chine » (中国药典, Zhōngguó Yàodiǎn), en tant que fruit 枸杞子 (gǒuqǐzǐ), c’est précisément le lyciet rouge Lycium barbarum qui est inclus ; l’espèce proche, le lyciet de Chine (中华枸杞, Zhōnghuá gǒuqǐ, Lycium chinense), est utilisée dans la vie courante, mais n’est pas considérée comme matière première officielle de la pharmacopée, et le lyciet noir Lycium ruthenicum est un produit régional distinct, qui ne figure pas dans la liste de la pharmacopée pour 枸杞子.

2. Histoire et Signification Culturelle :

  • Ancienneté : le lyciet est mentionné dans les premiers herbiers chinois, notamment dans le « Shennong bencao jing » (神农本草经, Shénnóng Běncǎo Jīng) et plus tard dans le « Bencao gangmu » (本草纲目, Běncǎo Gāngmù) de Li Shizhen (李时珍, Lǐ Shízhēn).
  • Tradition alicamentaire : le goji est un exemple classique du concept de « l’aliment et du médicament de même racine » (药食同源, yàoshí tóngyuán).
  • Coutume du Nord-Ouest : les baies entrent dans le « thé aux huit trésors » (八宝茶, bābǎo chá), une infusion sucrée de l’ethnie hui au Ningxia et au Gansu.
  • Symbole moderne : le goji est devenu un marqueur officieux de l’attention quotidienne portée à la santé.

En quelques siècles, le lyciet s’est solidement ancré dans la cuisine et les infusions domestiques du nord-ouest de la Chine. Le « thé aux huit trésors » se prépare dans un verre avec couvercle : outre les baies de goji, on y met du chrysanthème, de la jujube rouge, du longane séché, du raisin sec, de l’aubépine, des morceaux de sucre candi, parfois un peu de thé vert, la composition variant d’une famille à l’autre. Il convient de mentionner à part l’image internet contemporaine : l’expression « infuser du goji dans un thermos » (保温杯里泡枸杞, bǎowēnbēi lǐ pào gǒuqǐ) est devenue en Chine un symbole ironique de la maturité qui s’installe et de l’attention portée à sa propre santé.

3. Description Botanique et Matière Première :

  • Plante (rouge) : arbuste caduc et épineux d’environ 1 à 3 m de haut, aux branches arquées et aux feuilles lancéolées ; fleurs lilas à violettes.
  • Fruit (rouge) : baie oblongue-ellipsoïdale d’environ 1 à 2 cm de long, rouge orangé, sucrée, à nombreuses petites graines.
  • Plante (noire) : arbuste plus bas, fortement épineux, adapté aux déserts et aux sols salins.
  • Fruit (noir) : petite baie presque sphérique d’environ 5 à 9 mm de diamètre, violet foncé à noire, souvent de forme aplatie et avec un court pédicelle.
  • Autre matière première : on consomme également les jeunes pousses et feuilles de lyciet (枸杞叶, gǒuqǐ yè ; 枸杞头, gǒuqǐ tóu), avec lesquelles on prépare infusion et plats de légumes.

4. Terroir et Particularités de Culture :

  • Ningxia et Zhongning : sols alluviaux et légèrement salins de la vallée fluviale, irrigation à partir du fleuve Jaune (黄河, Huáng Hé), ensoleillement abondant et grands écarts de température diurnes.
  • Qinghai et Qaidam : altitudes de l’ordre de 2600 à 3000 m, climat sec nettement continental, sols salins et fort rayonnement ultraviolet.
  • Xinjiang : régions arides aux conditions similaires, où l’on récolte également le lyciet noir, en partie sauvage.

Le terroir a pour le lyciet une signification directe, observable. La forte insolation et la grande différence entre température diurne et nocturne favorisent l’accumulation de sucres dans la baie rouge et la rendent caractéristiquement sucrée. Pour la baie noire, les conditions extrêmes des sols salins de haute altitude sont associées à une teneur élevée en anthocyanes, pigments qui donnent à son infusion sa couleur intense. C’est précisément pourquoi les régions de « terroir », la vallée du fleuve Jaune au Ningxia et le bassin du Qaidam au Qinghai, sont plus valorisées que la matière première moyenne.

5. Technologie de Production :

  • Récolte : manuelle ; la baie rouge est cueillie en plusieurs passages du début de l’été à l’automne, au fur et à mesure de la maturation.
  • Préparation : traditionnellement, les baies fraîches sont brièvement trempées dans une solution faible de carbonate de sodium alimentaire (食用碱, shíyòng jiǎn), pour rompre la pellicule cireuse de la peau et accélérer le séchage.
  • Séchage : séchage solaire sur claies ou séchage à l’air chaud ; il importe de ne pas trop sécher ni « brûler » la matière première.
  • Baie noire : séchée avec un soin particulier, à température modérée et souvent à l’ombre, pour préserver les anthocyanes instables.
  • Tri : par taille, couleur et intégrité ; les baies grosses et régulières sont destinées aux catégories supérieures.

La qualité de la matière première finie est largement déterminée par le séchage. Une température trop élevée détruit les pigments et les substances aromatiques, tandis qu’une baie insuffisamment séchée moisit et s’agglomère rapidement. Il faut mentionner à part les infractions : le soufrage pour obtenir une couleur « éclatante » et la teinture artificielle ne sont pas des procédés technologiques, mais des falsifications, dont il sera question plus bas.

6. Caractéristiques Organoleptiques :

  • Baie rouge (sèche) : molle, légèrement élastique, nettement sucrée avec une légère acidité.
  • Baie rouge (infusion) : limpide, jaune orangé clair ; saveur douce, sucrée, sans amertume.
  • Baie noire (sèche) : presque non sucrée, neutre-herbacée, avec des graines perceptibles.
  • Baie noire (infusion) : faible en saveur, mais spectaculaire en couleur grâce aux anthocyanes.

La couleur de l’infusion de lyciet noir mérite une explication à part. Ses anthocyanes (pigments à base de pétunidine) se comportent comme un indicateur naturel d’acidité : dans une eau légèrement acide, l’infusion prend une teinte violet-pourpre, tandis que dans une eau neutre et alcaline, elle devient bleue et bleu ciel. C’est pourquoi une même baie, dans différentes eaux du robinet, donne une infusion tantôt violette, tantôt bleue, cela dépend du pH et de la dureté de l’eau, et non de la « qualité » de la matière première. En outre, la température influe sur la couleur : dans l’eau bouillante, les anthocyanes se dégradent plus vite et la coloration pâlit, c’est pourquoi le lyciet noir s’infuse à l’eau tiède, et non à l’eau frémissante.

7. Composition Chimique :

  • Baie rouge : polysaccharides de lyciet (枸杞多糖, gǒuqǐ duōtáng ; dans la littérature, LBP), caroténoïdes avec prédominance de zéaxanthine (principalement sous forme de dipalmitate de zéaxanthine), bétaïne, acides aminés libres, vitamines et oligo-éléments.
  • Baie noire : anthocyanes (prédominance de dérivés de pétunidine), proanthocyanidines, polysaccharides.

Les caroténoïdes confèrent à la baie rouge sa teinte rouge orangé, et la zéaxanthine est l’une des rares sources alimentaires de ce pigment en concentration aussi élevée. Les anthocyanes de la baie noire sont responsables à la fois de sa couleur sombre et du changement de couleur susmentionné de l’infusion en fonction du pH.

8. Propriétés Bénéfiques :

  • Dans la tradition quotidienne chinoise : on attribue au lyciet rouge les propriétés de « nourrir le foie et les reins » (补肝肾, bǔ gān shèn) et d’« éclaircir la vue » (明目, míngmù) ; c’est le langage des conceptions traditionnelles, non des diagnostics cliniques.
  • Ce qu’étudie la science : les polysaccharides de lyciet, la zéaxanthine en lien avec la santé oculaire et l’activité antioxydante des extraits font l’objet de recherches ; la baie noire est étudiée principalement pour ses anthocyanes.
  • Statut du produit : c’est un produit alimentaire, non un médicament.

Il est nécessaire de préciser clairement : le goji est un aliment et une boisson, non un remède. Les promesses de bienfaits pour la santé, dont le commerce de détail accompagne souvent le produit, sortent du cadre de l’article encyclopédique et ne constituent pas des faits médicaux prouvés. Parmi les précautions bien connues, il convient de mentionner de façon neutre : une modération raisonnable dans la quantité ; la prudence pendant la grossesse ; l’attention chez les personnes prenant des médicaments qui influent sur la coagulation sanguine, des signalements de possible interaction avec les anticoagulants ayant été décrits pour le lyciet. Les posologies et recommandations concrètes sont hors de la compétence de ce texte ; en cas de pathologie, la décision revient au médecin.

9. Infusion :

  • Ustensile : pour la rouge, verre transparent, gaiwan ou thermos ; pour la noire, verre transparent, pour voir la couleur.
  • Dose (rouge) : environ 5 à 10 g (environ 20 à 30 baies) pour 300 à 500 ml d’eau.
  • Température (rouge) : environ 85 à 95 °C.
  • Durée (rouge) : 5 à 10 minutes ; les baies gonflées peuvent être consommées.
  • Infusions multiples (rouge) : supporte 2 à 3 eaux, ensuite la saveur faiblit.
  • Dose (noire) : environ 2 à 3 g (20 à 30 petites baies) par verre.
  • Température (noire) : environ 40 à 60 °C, pas d’eau bouillante, pour préserver les anthocyanes et la couleur.
  • Service (noire) : tiède ou froide ; l’infusion froide est particulièrement démonstrative pour la couleur.

En pratique, le lyciet rouge est souvent infusé en mélange, avec du chrysanthème, de la jujube rouge, du longane, comme « thé aux huit trésors ». La baie noire se prépare commodément dans une théière en verre ou une bouteille : versez de l’eau tiède, laissez reposer quelques minutes et observez comment l’infusion se colore. Si l’on souhaite obtenir une nuance pourpre, on ajoute un peu de jus de citron (acidification) ; dans une eau alcaline, l’infusion reste bleue. Pour un service froid, on verse de l’eau fraîche sur les baies et on laisse infuser plus longtemps.

10. Conservation :

  • Conditions : endroit sec, frais, sombre, en récipient hermétique.
  • Humidité : les baies sont hygroscopiques, en cas d’humidité élevée elles s’agglutinent, noircissent et moisissent.
  • Conservation longue : au réfrigérateur ou au congélateur dans un emballage hermétiquement fermé.
  • Parasites : vérifier périodiquement la matière première pour la présence de mites alimentaires et de petits coléoptères.

Le lyciet est une matière première sensible à l’humidité et à la lumière. La baie rouge, mal conservée, s’agglomère rapidement en une masse et perd sa fluidité, et la noire perd l’éclat de ses anthocyanes. Un petit sachet déshydratant alimentaire dans le bocal aide à conserver les baies bien détachées.

11. Prix et Contrefaçons :

  • Repère de prix de gros : environ 70 à 160 ¥/kg comme ordre de grandeur ; le prix concret dépend de l’espèce, du grade, du calibre et de l’année de récolte.
  • Rouge authentique : couleur irrégulière, rouge sombre, et non « rouge vif incendie » ; souvent une tache claire à l’attache du pédoncule ; saveur sucrée ; au trempage, l’eau se colore progressivement.
  • Falsifications de la rouge : teinture avec des colorants alimentaires voire industriels, soufrage (硫熏, liú xūn) pour l’éclat, édulcoration et alourdissement, vente de vieille matière première sous couvert de fraîche.
  • Noire authentique : petite, souvent avec le pédicelle conservé ; l’infusion dans l’eau tiède change de couleur en fonction du pH.
  • Falsifications de la noire : mélange de baies sombres similaires, teinture, vente d’une matière première ordinaire comme « sauvage de haute altitude ».

Le test le plus simple pour le lyciet noir est précisément ce test de couleur : versez de l’eau tiède sur une petite portion ; la baie authentique donne une infusion bleue ou violette, et en ajoutant un acide, elle déplace nettement la couleur vers le pourpre. Une solution aqueux d’un rouge écarlate vif, qui « saigne » instantanément et uniformément, est un motif de suspicion de colorant artificiel, y compris des colorants industriels dangereux comme la rhodamine (罗丹明, luódānmíng). Pour la baie rouge, une couleur anormalement uniforme et éclatante, une odeur acide-chimique et une eau qui se colore instantanément en rouge intense sont des signaux d’alarme.

12. Faits Intéressants :

  • Indicateur naturel : l’infusion de lyciet noir peut servir d’indicateur de pH visuel, du bleu en milieu alcalin au pourpre en milieu acide.
  • Étymologie : le mot international « goji » est une transcription latinisée de la lecture chinoise 枸杞 (gǒuqǐ).
  • Le thermos comme symbole : le mème « goji dans le thermos » (保温杯里泡枸杞) s’est enraciné dans la culture populaire chinoise.
  • Pas seulement les baies : les jeunes pousses de lyciet se mangent comme légume, et l’écorce de racine (地骨皮, dìgǔpí) est une matière première distincte de la médecine traditionnelle.
  • Montagnes russes des prix : la baie noire a été un temps promue comme « or doux » (软黄金, ruǎn huángjīn), après quoi son prix a notablement baissé avec l’extension des plantations.

En conclusion :

Les baies de goji ne sont pas un thé, mais une infusion végétale à part entière, qu’en Chine on fait infuser et qu’on boit « à la manière du thé » depuis des siècles, en l’intégrant à la cuisine quotidienne du nord-ouest. Derrière une apparente simplicité se cache un monde bien distinct : la grosse baie rouge sucrée d’origine ningxiane, avec son étalon à Zhongning, et la petite baie noire des hautes terres du Qinghai et du Xinjiang, dont l’infusion change visiblement de couleur, du bleu au pourpre, selon l’acidité de l’eau.

Il convient de considérer le goji précisément comme un succédané de thé et un produit alimentaire, et non comme un médicament. Alors ses qualités, saveur, couleur, commodité d’infusion et rôle reconnaissable dans la culture quotidienne, se révèlent honnêtement, sans promesses démesurées, et la compréhension du terroir, de la technologie de séchage et des signes d’une matière première authentique aide à distinguer le produit de qualité de la contrefaçon.

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